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Comme l’expliquait les Inrocks la semaine dernière, le rap commence à avoir ses “vieux”, à l’instar du rock avec ses Rolling Stone ou autres Dylan (oui, bientôt, Kool et Joey te demanderont qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu aux Hespérides, et de ne pas laisser traîner ton arrière-petit-fils si tu veux pas qu’y glisse).
Au delà du flow, la culture des rues est tellement devenue une vieille dame incontinente que, ô stupéfaction atterrée, le graff s’est exposé avec panache et honneurs dans des vieux musées parisiens l’année dernière, en mode “le tag fait partie de notre identité nationale”. Au même titre que les fort respectables rois de l’histoire de l’art. N’importe quoi. Un “Paris sous les bombes” avec bénédiction de l’Etat, en somme.
Tout ceci nous fout un putain de coup de ieuv’ (dit la bourgeoise sur un ton de caillera, au top de sa crédibilité).
Heureusement, parce que certains ont de l’humour, il existe des formes de désobéissance urbaine complètement barrées, promptes à renouveler les formes de street art. Des avatars de graffitis plus décalés tu meurs. Vous connaissiez depuis toujours le génial Space Invader, dont j’affectionne tout particulièrement les petits fantômes Bubble Bobble vers chez moi, ou l’éternelle Miss Tic, et découvriez récemment le brésilien Rodrigo Pereira et se trips Playmobil. Mais il y a plus barj.

Ce post est né de l’envie de parler d’un street art sans peinture ni mosaïque, un rebel power à la fougue folle, un truc au delà du réel qu’on aimerait voir fleurir bien plus souvent dans Paris ou New York, un vrai truc de psychopathe. Ah non pardon, de “tricopathe” …
Le « tricot street art », c’est la violence d’une paire d’aiguille brandie contre la ville, le trash de fausses crottes de chien en laine, l’érotisme de statues en bikinis colorés, la force de bannières au point mousse qui vous parlent au milieu du bitume, le Knitting Power en bandoulière, bref, c’est la fusion improbable entre les fans de Derrick et la crème de la branchitude créative, teintée d’un crossover inédit de Miss Marple aux crews du ghetto. C’est absurde, drôle et joli. Je surkiffe et signe.
Ces attentats textiles sont signés par le CFT (Collectif France Tricot), et il existe même un livre avec leur meilleurs coups (à voir ici).
Le rap et le graff ont peut-être leurs vieillards, mais comme les hobbies de vieux semblent exciter les jeunes, quelque part, ça compense. Alors le jeune (ou LA jeune, parce qu’on se doute bien que les mecs y verront quand même un truc de pure gonzesse), knit ta race, et les moutons laineux seront bien gardés. Yo.


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