Secret places to be, oh oui. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Webmaster   
Mercredi, 10 Mars 2010 14:58

 



Du côté de chez nous, on ne sait plus quoi inventer pour se sentir privilégiés.
Et déguster notre petit morceau d’exclusivité ds nantis, notre apanage very special people, ces prérogatives de bons Parisiens dans la vibe.

Parce que nous avons vécu ces dernières années notre nuit du 4 août : que sont nos privilèges devenus … ?
Scandale.

Le web a donné livre accès aux infos de la nuit au peuple.
Tout le monde, oui, même ceux qui n’en “sont” pas.
Pire, Facebook a créé ses events ouverts à tous vents, détaillant les lieux, horaires et dress-codes indoor des soirées cools à tous les ignares, petits nouveaux de la place et/ou beaufs parvenus, mettant ainsi en pleine lumière des évènements qu’il fallait auparavant se communiquer par téléphone (fixe, si on remonte loin), texto select, flyer rare ou murmures de conspirateur sous le manteau.
Pour parfaire le tableau, aucune barrière financière ne dissuade plus le curieux d’entrer quelque part quoiqu’il arrive, puisque les entrées de clubs ne plus payantes (enfin les bons clubs je veux dire, a priori les boites périmées de l’autoroute A13 font toujours payer 20€ le droit de séjour, un peu comme Starbucks qui persiste à faire payer le wifi - so 1993 or what ?!).

Bref. Face à cette globalisation du précieux, une résistance s’est formée : le Branché, le VIP et le Bourgeois se sont alliés pour retrouver leurs privilèges royaux. Des idées germent chaque jour dans leurs brainstormings pointus pour ne pas flancher face à l’invasion de la plèbe, afin que le snobisme persiste et signe dans la tourmente de l’invasion du peuple. Ils vaincront.

L’ambiance est aux Services Secrets de sa Majesté, et ça nous excite à mort.

Les physios ne suffisent plus à repousser l’envahisseur ? Qu’à cela ne tienne ! Inventons des lieux secrets. Une chambre avec code dans les arcanes de feu le Chacha (code vite cracké, projet vite avorté, but still), belle tentative des débuts.

Marmottons des mots de passe à l’entrée du bar clandestin du Fooding, ou des soirées épicées du Raspoutine.

Mieux, allons à l’Appartement d’André et Lionel (La Clique pour les ignorants), dont l’adresse est à peu près tue (…), pour des évènements improbables comme la Colette Gym Class demain ou l’aftershow d’Andrea Crews ce soir ! Ce sera tellement bien, on sera comme à la maison, entre vrais gens en somme.

Plus pointu encore ? Fonçons au Home Sessions Club, pour des concerts plus privilégié tu meurs. Le principe : un club de jeunes dirigeants, trendsetters et leaders d’opinion triés sur le volet, pour des concerts privés chez les uns les autres (dans leurs hôtels particuliers de St Germain ou du XVIe, donc), de jeunes groupes prometteurs. Chérot, obscur, délicieux, régi par un comité de sélection survolté. En deux mots, musicalement papesque.

Je vais à leur prochaine session bientôt, déguster sans vergogne un double live de The Rodeo et PacoVolume (trop bien). Juste avant, je serai passée comme une princesse boire un verre à l’Appartement. Pour juste après, en revanche, je suis un peu emmerdée, parce que je n’ai d’autres choix que d’aller au Baron ou autre club normal où l’entrée n’est régie ni par une énigme, ni par une épreuve de force, ni par un mot de passe à traduire du mandarin, ni par un badge ultra relou à obtenir, ni par une formule magique à taper de mes talons sur le trottoir sous forme de morse, et dont la porte ne se situe pas sous la Seine accessible par sous-marin nucléaire.Ca me laisse perplexe, du coup. Autant rentrer à la maison direct après, si c’est pour s’amuser aussi peu. Allez cocher, au château, et vite.

Mise à jour le Mercredi, 10 Mars 2010 15:44
 

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